dimanche 15 octobre 2017

Ironman Vichy 2017 - Et pourquoi pas ?

Après le CR de Sébastien, voici un autre regard sur cette belle épreuve.


L'année 2016 se finissant, il était temps de bâtir un planning des épreuves 2017. Après le passage "obligé" par Nice pour valider un Ironman, j'ai eu envie d'une année plus calme, et sans la pression de s'entraîner "quoi qu'il arrive" 15 ou 20 heure par semaine. Pas d'Ironman donc, et malgré la grosse pression des nouveaux postulants à Nice Eam-Hav en tête... qui m'auraient bien vu m'aligner au départ avec eux.

Par contre quand Sébastien, fort de ses 10 half IM m'a appris qu'il préparait le full de Vichy, je me suis dit que ça pourrait être sympa de l'accompagner dans cette aventure, et de courir le 70.3 le même week-end. J'ai déjà fait le parcours en 2015, le vélo est très roulant, mais j'avais souffert de la chaleur. Du coup cette année j'attends le mois d'août pour confirmer mon inscription en fonction de la tendance météo et de mon état de forme. C'est un des avantages de cette course, il reste des places pour s'inscrire tardivement.

Bon trend d'entrainement au printemps, avec notamment un gros week-end vélo en Provence (merci Jeanne et Fanny), tout semble bien parti. Mais c'est sans compter sur l'éducation d'un ado qui me contraint à diminuer drastiquement les sorties vélo ou même les entrainements CP/Nage du soir... passons sur ces quelques semaines très compliquées...
Heureusement j'arrive à maintenir un nombre de séances de nage ou de CP suffisant le midi pour ne pas perdre tous les efforts de début d'année. Tests avec les Swimrun de Vassivière puis d'Engadin (top le swimrun avec un binôme comme Alexis) qui se passent assez bien, mais avec à chaque fois une bonne baisse de régime en fin de course à pied. On ne prépare pas 30 ou 40 km de course avec des sorties qui ne dépassent jamais 15 ou 16km.
Juillet mon programme de vacances ne prévoit que très peu de vélo et de CP, je rentre à Paris à la fin du mois avec la ferme intention de rattraper le temps perdu en 2 ou 3 semaines ! Mais le temps pourri s'installe... dure... et le vélo reste au sec chez moi. La préparation triathlon à Paris sans "Home-trainer" est aléatoire.

Volume d'entrainement par mois : gros trou en juin et juillet !


Ça semble plié pour le half de Vichy !
Une sortie vélo, c'est aussi de vrais petits troquets !
2 semaines avant l'épreuve, avec Sébastien nous avions prévu une reconnaissance des parcours vélo et CP. Même si ça ne me sert plus à rien, lui a été rigoureux et assidu, je ne le laisse pas tomber, et au pire ça fera un week-end sympa !
5 août, la météo est idéale, pas de vent, pas de pluie, température fraiche. Nous voilà sur les routes autour de Vichy. L'IM se déroule en faisant 2 fois une boucle de 90km, j'ai prévu de la reconnaitre 1 fois, Sébastien suit son plan : il va pratiquement faire la distance de l'IM, mais à un rythme plus modéré que le jour de la course. Contre toute attente, dans sa roue, ça passe bien. Je suis plutôt en forme. Quelques pauses boulangerie/troquet aidant, j'accompagne Seb sur ses 160km.. et ça le fait ! Mais du coup forcément je m'interroge...


Mais où est Liu Bolin ?
(Expo photo à Vichy au bord de l'Allier)
Bon dîner au bord de l'Allier, repos. Le lendemain c'est parti pour la reco du parcours CP. Une boucle de 10km, qu'il faut parcourir 2 fois lors du half, 4 pour le full. Parcours tout plat le long de l'Allier, mais à chaque bout un passage de pont qu'il faut gérer. Je suis loin des sensations d'il y a 2 ans, où la grosse chaleur rendait chaque foulée pénible. Là ça passe tout seul et avec plaisir. Malgré mon manque de préparation, me voilà envisager de nouveau de m'inscrire pour le half... Au pire je devrais pouvoir me fondre dans la masse des participants, tel Liu Bolin dans le décors.

Retour à Paris, il n'y a plus qu'à trouver un hébergement et je peux m'inscrire au 70.3... ou pourquoi pas à l'IM ? Ce n'est bien sûr pas raisonnable, mais j'étais étrangement bien pour la reco. Et puis cette année le temps est pourri, c'est l'année où jamais où s'inscrire à Vichy : les combinaisons vont être autorisées puisque l'eau est fraiche, et la course à pied ne sera pas un calvaire.

J'apprends que le CREPS de Vichy ouvre quelques chambres. Avec l'aide de Guillaume et Bibi, la résa est faite... et me voilà inscrit pour courir l'Ironman dans 2 semaines !
Ca va être top de partager cette expérience avec Sébastien, même si en principe je ne vais pas beaucoup le voir sur le parcours, et avec Emmanuel ça fait déjà une petite équipe UASG. Il était temps de s'inscrire, car j'ai le dossard 2491 et la limite est de 2500 participants.

En route pour Vichy, passage au CREPS (hébergement simple, mais ideal, car placé dans un beau parc à 2 pas de la zone de départ). Récupération de mon dossard, et la première déconvenue est là : Il fait chaud, très chaud ! Depuis quelques jours la température ne cesse de monter, et la prévision est de 35° pendant la course à pied. Pour la combinaison "c'est mort", l'eau est déjà au-dessus de 24° et monte d'heure en heure... ca va être plus compliqué que prévu.



Romain Guillaume détendu !
Samedi veille de course, je profite de mon temps libre pour croiser Romain Guillaume, qui participe à l'épreuve en relais, et surtout pour admirer les exploits d'Elena qui court son premier half, et termine sur le podium de sa catégorie d'âge ! Je suis sûr que certains d'entre vous l'on déjà rencontrée sur les routes d'île de France, en général accompagnée de Xavier, qui est là aussi, et fait une très belle course vélo.

Elena, à gauche, sur la seconde marche du podium du 70.3

C'est aussi le moment de préparer le "matos".
Surtout ne rien oublier...

Réveil matinal, petit déjeuner adapté... concentration, la routine se met en place, et je rejoins Seb dans le parc à vélo.
Top départ juste après le lever du soleil. Ok 25° c'est "chaud", mais pour moi qui nage lentement, j'ai surtout l'impression que ça va être très froid après avoir nagé 30, puis 60, puis 90 et même 95 minutes dans cette eau ! Comme prévu, sur le dernier kilomètre je grelotte, et j'ai hâte de manger et de rouler fort à vélo pour me réchauffer.

L'entrainement ayant été insuffisant, je sais que ça va coincer à vélo. Ma stratégie est simple : je donne tout ce que je peux dès le début, de toute façon je vais m'effondrer. Tout kilomètre passé me rapproche de T2 !
La technique marche bien sur la première boucle que je roule à plus de 32km/h. Mais le mur arrive plus tôt que prévu, dès le 100ème kilomètre. Dès lors la vitesse tombe, le moral baisse. Je subis ! J'avais compté les vélos que je doublais lors de la première boucle. J'arrête vite de compter ceux qui me doublent pendant la seconde, histoire de ne pas me saper le moral.
Seconde boucle effectuée à 28km/h, c'est lent, mais l'honneur est sauf : je suis juste sous les 6h pour le vélo. Il me reste à penser à la course à pied. Je supporte très mal la chaleur, je n'ai plus de jambes, à quel moment vais-je jeter l'éponge ?

T2, je pars pour faire un tour, histoire de voir. Pour les 3 suivants, je n'y pense pas encore. Ma seule chance de tenir passe par l'alimentation, et l'hydratation.
Passé le 1er kilomètre où les jambes doivent s'habituer à ce nouvel exercice, je suis bien ! enfin pas mal du tout.

Les ravitaillements sont nombreux (tous les 2 ou 3 kilomètres), et il y a moyen de faire baisser la température en me douchant la tête copieusement à chaque fois.
Je m'installe dans un rythme modéré, mais super régulier. Je débranche le lobe du cerveau qui se demande ce qu'il fait dans cette galère. J'installe les automatismes : marche interdite sauf le long des ravitaillements pour bien assimiler les gels (tous les 2 ou 3 ravitos), boire copieusement (alternativement eau, boisson énergétique et St Yorre), avec un minimum de 2 verres bus à chaque stand.
Le semi n'est plus si loin, au pire si je m'arrête là, ce n'est pas ridicule.
La seconde boucle est la plus dure. L'arrivée est encore très lointaine, et ça semble impossible de tenir un marathon.
Le semi est passé, et je ne suis pas si mal ! Pas de douleur, et doubler des gars qui marchent me motive à garder le rythme.
Le 3ème tour se termine, il reste donc tout juste 10km, soit un petit footing, il n'y a plus de raison de s'arrêter. Maintenant je sais que je vais finir ce second Ironman, et vu les conditions de temps, et mon faible entrainement, c'est assez magique !

Mes temps

  • Natation : 1h35'36".
  • T1 : 6'22
  • Vélo : 5h48'40"
  • T2 : 4'15
  • Course à pied : 4h15'44"
  • Total : 11h52'11", soit 520ème sur 1486 inscrits (et 37 sur 148 dans ma catégorie)

Bilan

La natation ce n'est vraiment pas mon truc, et sans combinaison c'est pire. Je n'ai pas progressé depuis 1 an. A se demander si je ne perds pas mon temps à m'entrainer pour nager. Ou certainement je m'entraine mal.
Cet IM est vraiment une belle épreuve, beaucoup plus simple à gérer que celui de Nice (accessible en voiture depuis Paris), pas de col à passer à vélo, une CP bien roulante.
Et finalement un IM sans faire une très grosse préparation, ça passe ! Mais ce n'est pas le conseil que je donnerais à un débutant, d'autant que la sensation de peiner à vélo est vraiment dure. C'est sur ce sport qu'il faut miser l'essentiel de sa préparation, pour faire un temps et une belle course.
Pour la course à pied, j'aurais aimé me rapprocher des 4h00. Je sais que je dois pouvoir le faire. Il faut que je travaille sur les enchainements vélo/course, et que je fasse plus de sorties longues en course à pied.

Je suis dès à présent inscrit au triathlon XXL Corsaire de Saint-Malo le 10 juin 2018, d'ici là il va donc me falloir rouler ! Au fait, qui vient à Saint-Malo avec moi ?


Note : Lisez aussi le CR de Sébastien de cette même course.  


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