lundi 18 septembre 2017

IM Nice - by Jean-Luc

J+7 déjà et toujours pas descendu totalement de mon nuage niçois, je m’essaie à la rédaction du traditionnel CR des courses marquantes, à destination de ceux qui voudront bien le lire, je l’espère intéressant aussi bien pour des sportifs aguerris que pour des néophytes qui ne connaissent pas l’univers du triathlon.

Me voilà en effet à une étape d’un projet sportif vieux de 5 ans, qui se construit année après année.

Rapide flashback: en 2012, je démarre le triathlon au club de Nogent, j’étais attiré par le côté ludique et complet de ce sport, j’en avais déjà bouclé un en compétition durant mes jeunes (et lointaines) années, et cette année là je commençais à ressentir le besoin de ne pas pratiquer uniquement la course à pied, j’avais besoin de me relancer en terme de motivation sur ce sport que je pratiquais souvent seul et de manière non structuré,  et puis il fallait ménager ses vieilles articulations ( pour les non initiés ;- la course a pied pratiquée seule peut être traumatisante, le vélo et la natation sont des sports « portés » qui renforcent la capacité musculaire et atténue donc le risque de blessure).

Problème = je n’avais pas de passé de nageur ni de cycliste, mais ça  n’est pas un souci à l’époque, je ne recherche pas la perf, du moins pas dans un premier temps, je veux juste découvrir d’autres sports.

De 2012 à 2014,  je me concentre sur des formats M (moyen) : 1,5 kils natation -40 kils velo-10 kils course à pied, ma motivation repart de plus belle sur la course à pied, à la même époque je rejoins les coureurs de l’UASG Run à la Defense et y trouve de vrais compétiteurs animés par l’envie de se surpasser ; et puis à partir de 2014 je passe au format L (long) 1,9 kils nat -83 kils velo-20 kils course à pied à Vendôme, Beauvais, Deauville, Natureman dans le Verdon… Et progressivement l’envie de performer augmente, mon profil beaucoup trop coureur me limite certes beaucoup (je perds beaucoup de temps en natation et vélo) mais je m’amuse beaucoup aussi (je dépasse beaucoup de monde sur la course à pied qui est l’épreuve finale). A cette époque je consacre environ 8 à 9 h par semaine à mes entraînements, dont 6h sur la course a pied avec le club de la Société Générale et le reste sur natation et vélo avec le club de Nogent, c’est évidemment totalement déséquilibré mais ma priorité reste la course à pied ou je dépasse en 2015 tous mes vieux chronos de l’époque athlé…dans les années 90 (En 2015, 2h52 au marathon de Paris, 1h19 au semi de Chessy, 35’35 au 10 kils d’Issy), et je m’essaie au trail - ultra trail à l’UTB en 2016 que je ne finis pas (Choupi a peur de l’orage en montagne).

Arrive la saison 2016-2017, depuis le mois d’octobre je travaille à 10mns de chez moi dans les locaux flambants neufs de la SG , c’est enfin le moment que j’attendais pour tenter le graal qu’est l’Ironman pour tous les triathlètes, pour info l’Ironman le plus connu est le format XXL 3,9 kils nat -180 kils velo-42 kils course à pied : nous serons une dizaine de la SG, 3 de Nogent. Je m’inscris assez tôt sur Nice, juste avant qu’il soit…annulé puis décalé de Juin à Juillet pour respecter le moratoire d’un an sur la promenade des anglais. Pourquoi Nice ? L’endroit est magnifique, la difficulté du vélo est réelle avec notamment un col mais elle reste abordable avec pas mal des descentes non techniques, et  je m’attend à une grosse ambiance sur la promenade des anglais sur l’épreuve finale du marathon.   


Dès le début de la saison je suis motivé pour faire une grosse année qui doit finir en apothéose je l’espère ;-)


  • L’hiver est consacré traditionnellement à la course à pied, je prépare successivement la Saintelyon 70 kils en Décembre puis l’Ecotrail 80 kils en mars. Ce sont à chaque fois de grosses préparations avec des moyennes hebdos de 100 kils, les plans sont réalisés  en semaine entre midi et 2 avec les coureurs de la SG puis le we seul, ils sont préparés par notre coach Abdel également salarié SG, le we il faut encaisser à la fois du dénivelé et de la longueur (70 kils et 1000m D+  le we sur 3 séances). En parallèle, j’effectue mes 2 séances de natation par semaine le matin de 7 à 8H avant le travail avec le club de Nogent. Et je démarre en décembre le hometrainer chez moi avec des exercices de vélocité. Je suis à partir de janvier à environ 12h de sport par semaine au total, env 8h sur la course a pied et le reste en natation-vélo

  • A partir de la fin de l’écotrail en mars, je donne clairement la priorité en vélo en même temps que j’augmente les volumes totaux. Cette fois ci ce sera une moyenne de 17h par semaine (avec des pointes à 20h, je fais même une semaine à 28h) avec une répartition 50% vélo-30% cap-20% natation, toutes les séances sont réalisées le matin de bonne heure et entre midi et 2 , je les encaisse sans fatigue excessive, ma grosse préparation durant l’hiver y est pour beaucoup. Mon objectif est d’arriver à 5000 kils de vélo sur 2017, je réalise 3-4 cyclos de 200 kils environ durant les 4 mois, une séance de côte par semaine tous les mercredis de 6h30 à 8h, des sorties longues de 140k quelquefois en groupe et aussi seul, mon volume hebdomadaire de vélo est en moyenne de 250 k, bref quand arrive juillet le volume est atteint et je me sens bien en jambes, surtout en côtes, en revanche c’est un peu moins bien sur du parcours plat venté ou je manque encore un peu de puissance.  Je fais mon planning de séances seul car je suis le seul à connaître mes contraintes et mon état de fatigue, cependant beaucoup de mes séances sont réalisées en groupe, j’y puise beaucoup de motivation et de conseils précieux, Olivier-Will sur la nat, Mika-Will-Thierry-Yannick-Eric sur le vélo, je n’oublie pas aussi le soutien permanent de notre ironwoman Elitsa du club de Nogent ; sur la cap je fais beaucoup de mes séances mitonnés par Abdel avec les runners de la SG à Val de Fontenay : Olivier-Alex-Dominique-Germain-Cath-Fred-Christian, sans oublier Tak le maestro…je ne peux tous les citer, mais tous m’aident beaucoup, il y a une vraie force qui passe dans un groupe, désolé pour ce poncif mais je n’ai pas une conception solitaire du sport, pas du tout.  

  • Et la famille dans tout ca ? Mes enfants Marin et Flora sont grands (22 ans et 19 ans), ils sont supporters mais je n’en rajoute pas trop car ils ont leurs propres préoccupations avec leurs études , je sens que ca leur plait bien cette histoire…Et Véronique,  merci, mille mercis, c’est pas toujours facile d’entendre le réveil à 5h30 le matin ou d’avoir un mari absent les samedis et dimanches matin, mais le jour J il s’agira d’être digne dans l’épreuve devant les enfants ;- il faut que ce soit une fête et pas une boucherie donc ca vaut bien quelques petites sacrifices, et toutes nos soirées sont préservées avec mon organisation.



Arrive la semaine :  nous sommes à Nice depuis le jeudi, l’épreuve est le dimanche, la tension monte doucement, mais il s’agit plutôt d’une envie de se lancer, je me sens prêt, j’ai annoncé sous les 12h mais je sens que je peux faire 11h30, ma principale inconnue est mon temps vélo. Avec Véro et Flora (le vol de Marin a été annulé le jour même) sur le parcours cap et le gros contingent SG + Alex du club de Nogent, tout est réuni pour être au top de sa motivation. J’ai hâte d’en découdre. Les derniers jours je me repasse dans ma tête le marathon qu’il faudra disputer sous la chaleur, je sais qu’il faudra être fort, alors autant préparer son cerveau à l’accepter ;-. Depuis 2-3 semains je bois 2 litres par jour, je mange surtout pates et riz et bien évidemment j’ai proscrit l’alcool, mais en dehors de cela je ne suis pas de régime diététique particulier.


Le jour J : lever à 4h15, départ à pied du Airbnb à 5h15, sur place à 5h30, pas beaucoup de temps pour équiper le vélo des barres énergétiques, regonfler les pneus, et enfiler la combinaison. Gros stress j’ai oublié mes bidons d’eau isotoniques, j’en récupère un auprès de l’organisation, je referai le plein au premier ravito (kil 17)


  • La 1ere épreuve est 3,8 kil de natation en mer, 1 grande boucle et une petite boucle devant un public très nombreux qui a entonné la Marseillaise au début, la mer est calme mais je me sens comme écrasé par l’événement au début, les bras sont mous, tout d’un coup je doute, est ce que j’arriverai à être à la hauteur ? Et puis progressivement je me concentre sur mon « cassé de coude », no stress ce n’est pas sur la natation que va se jouer le sub12h. Je sors de l’eau avec un temps de 1h14 alors que ma prédiction est 1h20, agréablement surpris, ça me met sur une bonne rampe de lancement.

  • La 2eme épreuve est 173 kils de vélo, env 2000 m de dénivelé, la principale difficulté du parcours est l’ascension du col de l’Ecre (moy 5% sur 20 kils), mais je l’ai reconnu lors du stage de tri en mai, je ne le redoute pas, il faudra juste veiller à ne pas se griller. Je retrouve tres vite Max sur le vélo, avec qui j’avais déjà fait le Natureman en 2016, il est meilleur que moi en natation et vélo, il me dit qu’il me trouve dans le coup, et ça me fait du bien d’entendre cela, merci Max ;-. J’avale le col de l’Ecre en souplesse en dépassant beaucoup, je me sens facile, je m’alimente bien, 1 barre énérgétique + bidon 1l par 30 kils env, mais le plateau venté au sommet refroidit mon enthousiasme, et dans la descente Max s’en va, je ne peux pas le suivre. La 2eme partie du vélo avec de longues descentes m’est moins favorable, je me sens moins facile, mais à chaque bosse je vois que les jambes sont encore là, je finis mon vélo en 6h10 en retrouvant Anthony, un triathlete de la SG. Ma prédiction vélo était 6h30, je sais que j’ai désormais beaucoup d’avance sur le sub 12h et même le sub11h30.

  • La 3eme épreuve est le marathon : bien que ce soit ma spécialité, c’était l’épreuve que je redoutais le plus. S’élancer sur une allure de 4’30-4’40  au kil à 14h avec 30 degres dans l’air (35 dgrés sur le tarmac), apres 7h30 d’efforts,  je savais que ce serait « extrême » et qu’il allait falloir débrancher le cerveau (même préparé) dès le début. Je pars en 4’30 mais je sens que ca ne passe pas, je peux exploser, je me met en 4’40, le chrono descendra pour se stabiliser à 5’00 env au kil. La chaleur est terrible et c’est là que le chrono sur l’IM se joue, il faut effectuer 4 boucles, des ravitos et des douches sont disposées tous les 1,7 kils, impossible de ne pas s’arrêter a chaque fois pour me rehydrater copieusement (2 gobelets d’eau, un gobelet de boisson iso, ½ verre de coca, 2 quartiers d’orange, plus le gel tous les 5k). Je cours comme un robot, je ne peux pas à aller à mon allure naturelle sinon je me déshydrate trop vite, je me force quelquefois à rester derrière des concurrents plus lents, ainsi je pense aller plus loin en limitant la marche lors des ravitos. Les encouragements de Vero et Flo,  mon retour sur Eric, Emmanuel (triathletes SG) et Max que je retrouve sur le dernier tour, c’est dur mais mais je sais que je vais tenir, j’ai beaucoup de foncier en cap et j’ai beaucoup d’avance sur mon objectif global, je vais finir en 3h27 (ma prédiction était 3h20) au bout d’une ligne droite interminable, ca y est je suis Ironman en 11h07 😊 😊 je suis satisfait à l’arrivée, content d’avoir « transformé » en course ce que je faisais à l’entraînement, mais il me faudra un peu de recul pour réaliser.




Les classements sortent et là c’est la très grosse surprise : j’aurais pensé être dans la première moitié, je suis en fait 180ème environ sur plus de 2000 partants (500 ont abandonné je crois), et 9ème de ma caté ! Avec une toute petite chance de qualification pour les championnats du monde à Hawaï en octobre 2017, qui l’eut cru ??? Et un joli 37ème temps sur le marathon.

  • La cérémonie de remise des précieux sésames a lieu le lendemain, nous nous y rendons avec Véro,  le dernier parti  sera finalement le 5eme (dans la caté 45-49 ils sont quand même remontés jusqu’au 10e) tant pis je ne suis même pas déçu, c’est déjà tellement incroyable d’y avoir rêvé pour un premier IM…
  • Voilà, cette aventure est finie mais il y en aura d’autres : place au trail à la rentrée avec l’imperial trail à Fontainebleau (40 kils) en septembre puis le trail des templiers en octobre, et puis ensuite en 2018, il y aura le retour sur marathon « sec » (marathon de Londres en avril ou je cours après le sub 2h50) puis sans doute un retour durant l’été 2018 sur le circuit Ironman, mais sur un format L, peut être à Vichy, avec j’espère une grosse perf qualificative si je continue à bien bosser sur le vélo. Pour le retour sur le XXL il faudra attendre 2019.
  • Un grand merci de m’avoir lu jusque-là ;-, biz à tous et d’ici là portez vous bien, un bel été à tous 

1 commentaire:

  1. J'avais du retard dans mes lectures... Très belle aventure, mais surtout très bien gérée. Bravo ! Pour Hawaii en 2019, nous in y crois ! Go !!!

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