lundi 14 août 2017

Roth 2018 - 9h53 par Christophe

Je crois que tout à été dit sur cette course considérée comme un pèlerinage à faire une fois dans sa vie de triathlète.
Que dire de plus devant cette organisation sans faille, ces bénévoles qui vous sont dédiés et qui vous crèment la nuque, vous rangent votre combinaison à T1, prennent votre vélo à T2, mettent avec soin votre beau casque tout neuf dans le sac de transition ?
Rien d'autre mais c'est beau de toucher la perfection. Pourtant le parcours n'a rien de transcendant dans les 3 disciplines et pourtant la magie opère, vous obnubile même quand le corps ou le mental lachent.

Et dire que 2 mois avant j'étais forfait. C'est dans ces cas là qu'on apprécie de se faire violence. Entre les blessures et le sous entraînement, 0 compétition depuis 2016, quel intérêt d'aller faire le touriste et faire un temps pitoyable ? Faut dire que 200 000 personnes qui vous jettent des tomates a de quoi tempérer les ardeurs.

Bref et pour éviter une saison blanche et après discussion avec le coach, on se cale sur une prépa de 6 semaines et 2 d'affutage. Pas de grosses semaines mais j'arriverai à monter à 15h en période pointe pour éviter de nouvelles blessures.

Et puis le miracle est arrivé en vélo. J'avais déjà franchi un petit cap l'année dernière en posant le vélo 3ème au Celtman, puis 5ème au Half de Bois le Roi, mais là je vais avoir une progression spectaculaire en l'espace de 3 semaines où je vais pousser jusqu'à 20 watts de plus sur les sorties longues. Et là forcément la motivation revient toute seule. Grimper des cols, ça aide à progresser indéniablement.

La CAP, vu d'où je partais ne pouvait qu'être meilleure, mais l'essentiel était de ne pas se blesser. Alors j'ai fait beaucoup d'excentrique et glacé longuement après chaque sortie, aussi minime qu'elle soit. Mais il était temps que ça se termine, ça commençait à chatouiller sérieusement en fin de prépa.

Et la natation... ah bah oui c'est vrai qu'il faut nager dans le tri. Je m'en suis rendu compte la semaine avant la compétition et n'aurai nagé que quelques séances qui se comptent sur les doigts d'une seule main :-). A ne pas faire donc.

Voilà, après la course en elle même, pas de miracle à attendre. Plus de 30° annoncés, je sais déjà que mon corps lâchera rapidement sous les crampes. Je sais même quels muscles précisément :
- Vaste interne et grand couturier gauche en vélo
- Ischios en CAP

Alors l'objectif sera de valider avant tout un bon chrono vélo sous les 4h50 en retardant l'apparition des crampes (Je prépare en ce sens une solution basique pour limiter un temps les montées acides des muscles).
Natation pour limiter les dégâts en 1h05/1h10, CAP en mode survivor, mais 3h30 jouables si la chaîne postérieure me laisse tranquille le temps d'un semi.

Pas de grosses ambitions donc, mais partager ce moment avec mon pôpa venu avec moi et surtout profiter du début à la fin sans regretter. Les dés sont jetés de toute façon.
Je regarde les athlètes s'affairer, se concentrer, j'envie les papas dont les enfants sont venus les encourager avec les pancartes et les T-Shirts. Vivement que les miens soient plus grands. 
Drôle, aussi, les athlètes qui craquent et fondent en larmes sous les paroles de la speakerine qui fait dans la dramaturgie à base de "your race, your legend", "this is your daaaaaay" le tout avec une voix d'outre tombe. Je ne peux m'empêcher de rigoler car on va tous -beaucoup- souffrir. Faut juste éviter que ça s'éternise et que ce soit pire qu'à l'entraînement.

Avec mon numéro 206, je vais partir juste derrière les pros dans la première vague de natation. Autrement dit, inutile d'aller chercher des pieds à accrocher, on n'est pas dans la même catégorie natatoire.
Et en effet, je vais prendre cher dès le début. Pourtant les quelques séances faites étaient pas trop mauvaises (tout est relatif). Je n'ai absolument rien dans les bras et souffre incroyablement dès les premiers mètres. Quel cauchemar ! L'impression de pas réussir à respirer et encore moins d'avancer. La sanction est tombée en 1h10 après 3800m. Ouch... jamais mis un tel temps, même pour les 4 bornes sans combi de Zürich. Pas de bras, pas de chocolat comme on dit.




Un peu sonné et étourdi au propre comme au figuré par cette perf, j'enchaîne avec d'autres ambitions sur le vélo. Et là, je vais me faire plaisir. Je pars comme une brute pour rattraper les insolents qui me sont passés devant. Surtout ceux des vagues suivantes d'ailleurs. Ceux de la mienne sont surement déjà loin.
J'ai laissé pas mal d'énergie dans l'eau et du coup j'ai du mal à me mettre dans le rythme avec un cardio relativement haut par rapport à d'habitude. Mais ça revient progressivement et je remonte vraiment beaucoup de monde. Je sais désormais que pour maintenir un rythme élevé, il me faut trouver des athlètes avec qui me taper la bourre. Je finis par en trouver un vers le 30 kilomètre et qui avance pas mal. Il y a beaucoup de vent ce qui rend le parcours assez pénible. Les kilomètres défilent et enfin le Solarberg est en approche. Waouh ce monde, ces encouragements qui transcendent. Incroyable ! 
Revers de la médaille, on monte à la queue leu leu pour les moins téméraires dont je fais partie. Du coup je suis complètement freiné et perd mon buddy de compét'. Je suis un peu dégoûté car on faisait vraiment du bon boulot. Jamais je ne le reverrai. Du coup, je tente de me remobiliser. La fin du premier tour approche et vois que je suis sur une base de 2h20 et 244 watts. Waouh, trop content surtout que j'ai une sacrée pêche. Je continue de boire comme un trou et à m'alimenter comme prévu dans le plan.
Mais ça va se compliquer car il y a quasi 3000 athlètes sur le parcours à l'entrée de la seconde boucle. Et là ça va me démobiliser pour gérer les très nombreux dépassements avec un rythme bien moins linéaire. Et je vais commencer à perdre du temps. Et comme un problème n'arrive jamais seul les premières crampes arrivent vers 150 km. Damned, presque une heure à tenir. Je suis obligé de limiter la puissance car au delà de 220W, ça commence à coincer, mais je peux continuer à pédaler normalement. Bref, il est temps que ça se termine après 4h48. Incroyable de perdre 8 minutes sur une question de dynamique de course. Encore quelques progrès de ce côté à effectuer. Néanmoins le parc est quasi vide comparé à ce matin. Je dois être pas trop mal à ce moment au scratch.




Je me sens quand même bien desséché car le soleil commence à taper sérieusement. J'ai pas pu retirer mes chaussures de vélo seul à cause des crampes et une bénévole a du venir me sauver la vie. Pourtant en enfilant mes runnings les jambes reviennent. Elles sont même extrêmement légères. Je m'engage sur le marathon avec personne devant, ni derrière, ça fait vraiment bizarre. Et surtout de bonnes sensations. L'euphorie va durer 2,5km lors d'un faux plat, moment où mes ischios me foudroient d'un coup. Avec un quadriceps aussi. Je m'effondre par terre et des gens viennent m'aider à m'étirer et me relever. J'arrive à repartir à trouver une position (bizarre) et doit ralentir l'allure entre 5'00 et 5'15/km. J'arriverai à tenir environ 30km avant de devoir m'arrêter régulièrement pour m'étirer. Le moral lache aussi. Je suis un peu dégouté car la recette du succès n'a toujours pas été trouvée. Je terminerai en marchant à tous les ravitos puis de plus en plus régulièrement. Ca a été en long calvaire de 3h47 comme attendu. Je n'ai même pas pu profiter du dernier kilomètre et de l'arrivée. C'est frustrant car je ne suis pas plus fatigué que ça en franchissant l'arche en 9h53.
Résultat post CAP, contracture au mollet et tendinite à droite... 



A froid, ça reste une course pleine qui fait jaillir quelques motifs de satisfactions, surtout après cette micro prépa sur laquelle je ne misais pas à centime. Et surtout, j'ai enfin validé le vélo sous 4h50, chose que j'attendais depuis 2013. Je repars même avec l'espoir de faire entre 4h40 et 4h45 "proprement" sur un parcours < 1300 D+.
Maintenant pour faire péter le chrono, il faut trouver la clé pour les crampes. J'ai une petite idée à tester durant l'Elbaman fin septembre.

Quelle course que ROTH !




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