dimanche 15 octobre 2017

Ironman Vichy 2017 - Et pourquoi pas ?

Après le CR de Sébastien, voici un autre regard sur cette belle épreuve.


L'année 2016 se finissant, il était temps de bâtir un planning des épreuves 2017. Après le passage "obligé" par Nice pour valider un Ironman, j'ai eu envie d'une année plus calme, et sans la pression de s'entraîner "quoi qu'il arrive" 15 ou 20 heure par semaine. Pas d'Ironman donc, et malgré la grosse pression des nouveaux postulants à Nice Eam-Hav en tête... qui m'auraient bien vu m'aligner au départ avec eux.

Par contre quand Sébastien, fort de ses 10 half IM m'a appris qu'il préparait le full de Vichy, je me suis dit que ça pourrait être sympa de l'accompagner dans cette aventure, et de courir le 70.3 le même week-end. J'ai déjà fait le parcours en 2015, le vélo est très roulant, mais j'avais souffert de la chaleur. Du coup cette année j'attends le mois d'août pour confirmer mon inscription en fonction de la tendance météo et de mon état de forme. C'est un des avantages de cette course, il reste des places pour s'inscrire tardivement.

Bon trend d'entrainement au printemps, avec notamment un gros week-end vélo en Provence (merci Jeanne et Fanny), tout semble bien parti. Mais c'est sans compter sur l'éducation d'un ado qui me contraint à diminuer drastiquement les sorties vélo ou même les entrainements CP/Nage du soir... passons sur ces quelques semaines très compliquées...
Heureusement j'arrive à maintenir un nombre de séances de nage ou de CP suffisant le midi pour ne pas perdre tous les efforts de début d'année. Tests avec les Swimrun de Vassivière puis d'Engadin (top le swimrun avec un binôme comme Alexis) qui se passent assez bien, mais avec à chaque fois une bonne baisse de régime en fin de course à pied. On ne prépare pas 30 ou 40 km de course avec des sorties qui ne dépassent jamais 15 ou 16km.
Juillet mon programme de vacances ne prévoit que très peu de vélo et de CP, je rentre à Paris à la fin du mois avec la ferme intention de rattraper le temps perdu en 2 ou 3 semaines ! Mais le temps pourri s'installe... dure... et le vélo reste au sec chez moi. La préparation triathlon à Paris sans "Home-trainer" est aléatoire.

Volume d'entrainement par mois : gros trou en juin et juillet !


Ça semble plié pour le half de Vichy !
Une sortie vélo, c'est aussi de vrais petits troquets !
2 semaines avant l'épreuve, avec Sébastien nous avions prévu une reconnaissance des parcours vélo et CP. Même si ça ne me sert plus à rien, lui a été rigoureux et assidu, je ne le laisse pas tomber, et au pire ça fera un week-end sympa !
5 août, la météo est idéale, pas de vent, pas de pluie, température fraiche. Nous voilà sur les routes autour de Vichy. L'IM se déroule en faisant 2 fois une boucle de 90km, j'ai prévu de la reconnaitre 1 fois, Sébastien suit son plan : il va pratiquement faire la distance de l'IM, mais à un rythme plus modéré que le jour de la course. Contre toute attente, dans sa roue, ça passe bien. Je suis plutôt en forme. Quelques pauses boulangerie/troquet aidant, j'accompagne Seb sur ses 160km.. et ça le fait ! Mais du coup forcément je m'interroge...


Mais où est Liu Bolin ?
(Expo photo à Vichy au bord de l'Allier)
Bon dîner au bord de l'Allier, repos. Le lendemain c'est parti pour la reco du parcours CP. Une boucle de 10km, qu'il faut parcourir 2 fois lors du half, 4 pour le full. Parcours tout plat le long de l'Allier, mais à chaque bout un passage de pont qu'il faut gérer. Je suis loin des sensations d'il y a 2 ans, où la grosse chaleur rendait chaque foulée pénible. Là ça passe tout seul et avec plaisir. Malgré mon manque de préparation, me voilà envisager de nouveau de m'inscrire pour le half... Au pire je devrais pouvoir me fondre dans la masse des participants, tel Liu Bolin dans le décors.

Retour à Paris, il n'y a plus qu'à trouver un hébergement et je peux m'inscrire au 70.3... ou pourquoi pas à l'IM ? Ce n'est bien sûr pas raisonnable, mais j'étais étrangement bien pour la reco. Et puis cette année le temps est pourri, c'est l'année où jamais où s'inscrire à Vichy : les combinaisons vont être autorisées puisque l'eau est fraiche, et la course à pied ne sera pas un calvaire.

J'apprends que le CREPS de Vichy ouvre quelques chambres. Avec l'aide de Guillaume et Bibi, la résa est faite... et me voilà inscrit pour courir l'Ironman dans 2 semaines !
Ca va être top de partager cette expérience avec Sébastien, même si en principe je ne vais pas beaucoup le voir sur le parcours, et avec Emmanuel ça fait déjà une petite équipe UASG. Il était temps de s'inscrire, car j'ai le dossard 2491 et la limite est de 2500 participants.

En route pour Vichy, passage au CREPS (hébergement simple, mais ideal, car placé dans un beau parc à 2 pas de la zone de départ). Récupération de mon dossard, et la première déconvenue est là : Il fait chaud, très chaud ! Depuis quelques jours la température ne cesse de monter, et la prévision est de 35° pendant la course à pied. Pour la combinaison "c'est mort", l'eau est déjà au-dessus de 24° et monte d'heure en heure... ca va être plus compliqué que prévu.



Romain Guillaume détendu !
Samedi veille de course, je profite de mon temps libre pour croiser Romain Guillaume, qui participe à l'épreuve en relais, et surtout pour admirer les exploits d'Elena qui court son premier half, et termine sur le podium de sa catégorie d'âge ! Je suis sûr que certains d'entre vous l'on déjà rencontrée sur les routes d'île de France, en général accompagnée de Xavier, qui est là aussi, et fait une très belle course vélo.

Elena, à gauche, sur la seconde marche du podium du 70.3

C'est aussi le moment de préparer le "matos".
Surtout ne rien oublier...

Réveil matinal, petit déjeuner adapté... concentration, la routine se met en place, et je rejoins Seb dans le parc à vélo.
Top départ juste après le lever du soleil. Ok 25° c'est "chaud", mais pour moi qui nage lentement, j'ai surtout l'impression que ça va être très froid après avoir nagé 30, puis 60, puis 90 et même 95 minutes dans cette eau ! Comme prévu, sur le dernier kilomètre je grelotte, et j'ai hâte de manger et de rouler fort à vélo pour me réchauffer.

L'entrainement ayant été insuffisant, je sais que ça va coincer à vélo. Ma stratégie est simple : je donne tout ce que je peux dès le début, de toute façon je vais m'effondrer. Tout kilomètre passé me rapproche de T2 !
La technique marche bien sur la première boucle que je roule à plus de 32km/h. Mais le mur arrive plus tôt que prévu, dès le 100ème kilomètre. Dès lors la vitesse tombe, le moral baisse. Je subis ! J'avais compté les vélos que je doublais lors de la première boucle. J'arrête vite de compter ceux qui me doublent pendant la seconde, histoire de ne pas me saper le moral.
Seconde boucle effectuée à 28km/h, c'est lent, mais l'honneur est sauf : je suis juste sous les 6h pour le vélo. Il me reste à penser à la course à pied. Je supporte très mal la chaleur, je n'ai plus de jambes, à quel moment vais-je jeter l'éponge ?

T2, je pars pour faire un tour, histoire de voir. Pour les 3 suivants, je n'y pense pas encore. Ma seule chance de tenir passe par l'alimentation, et l'hydratation.
Passé le 1er kilomètre où les jambes doivent s'habituer à ce nouvel exercice, je suis bien ! enfin pas mal du tout.

Les ravitaillements sont nombreux (tous les 2 ou 3 kilomètres), et il y a moyen de faire baisser la température en me douchant la tête copieusement à chaque fois.
Je m'installe dans un rythme modéré, mais super régulier. Je débranche le lobe du cerveau qui se demande ce qu'il fait dans cette galère. J'installe les automatismes : marche interdite sauf le long des ravitaillements pour bien assimiler les gels (tous les 2 ou 3 ravitos), boire copieusement (alternativement eau, boisson énergétique et St Yorre), avec un minimum de 2 verres bus à chaque stand.
Le semi n'est plus si loin, au pire si je m'arrête là, ce n'est pas ridicule.
La seconde boucle est la plus dure. L'arrivée est encore très lointaine, et ça semble impossible de tenir un marathon.
Le semi est passé, et je ne suis pas si mal ! Pas de douleur, et doubler des gars qui marchent me motive à garder le rythme.
Le 3ème tour se termine, il reste donc tout juste 10km, soit un petit footing, il n'y a plus de raison de s'arrêter. Maintenant je sais que je vais finir ce second Ironman, et vu les conditions de temps, et mon faible entrainement, c'est assez magique !

Mes temps

  • Natation : 1h35'36".
  • T1 : 6'22
  • Vélo : 5h48'40"
  • T2 : 4'15
  • Course à pied : 4h15'44"
  • Total : 11h52'11", soit 520ème sur 1486 inscrits (et 37 sur 148 dans ma catégorie)

Bilan

La natation ce n'est vraiment pas mon truc, et sans combinaison c'est pire. Je n'ai pas progressé depuis 1 an. A se demander si je ne perds pas mon temps à m'entrainer pour nager. Ou certainement je m'entraine mal.
Cet IM est vraiment une belle épreuve, beaucoup plus simple à gérer que celui de Nice (accessible en voiture depuis Paris), pas de col à passer à vélo, une CP bien roulante.
Et finalement un IM sans faire une très grosse préparation, ça passe ! Mais ce n'est pas le conseil que je donnerais à un débutant, d'autant que la sensation de peiner à vélo est vraiment dure. C'est sur ce sport qu'il faut miser l'essentiel de sa préparation, pour faire un temps et une belle course.
Pour la course à pied, j'aurais aimé me rapprocher des 4h00. Je sais que je dois pouvoir le faire. Il faut que je travaille sur les enchainements vélo/course, et que je fasse plus de sorties longues en course à pied.

Je suis dès à présent inscrit au triathlon XXL Corsaire de Saint-Malo le 10 juin 2018, d'ici là il va donc me falloir rouler ! Au fait, qui vient à Saint-Malo avec moi ?


Note : Lisez aussi le CR de Sébastien de cette même course.  


mardi 10 octobre 2017

Ironman VICHY 2017 - Préparation et jour de cours

Allez, c’est parti pour un compte-rendu de la saison 2017, la préparation à l’ironman Vichy ainsi que de la course.

Petit retour en arrière

-        2007 début du triathlon : un copain m’interpelle : « tu nages, tu coures. Je te prête un vélo et rejoins-nous au club de tri ». C’était à Hong Kong, … nostalgie, nostalgie…
-       Après plusieurs aquathlons, duathlons, triathlons S et M (et oui on y va progressivement), je décide de démarrer les triathlons longs en 2010 ; Il en faudra 10 pour envisager sereinement ma participation à du très long.
Les 10 Ironman 70.3 :


Donc forcément, 2017 est l’année idéale pour tenter cette aventure après 10 ans de triathlon, après 10 « half ironmans », et surtout l’année de mes 40 ans…

La prépa

Etape 1 : inscription en septembre 2016, avec une reprise progressive dans les 3 sports après une saison 2016 marquée par les pépins physiques, et surtout grosse réflexion sur la planification de la saison 2017. Bref, au bout de 3 mois, je décide de reprendre un coach (celui-là même qui m’avait accompagné en 2014/2015 lors de ma dernière saison aux Etats-Unis. Il me connaît très bien, il m’a vu nager, rouler et courir ; ça le fera très bien pour du coaching à distance. Le plan d’entraînement est mis à disposition toutes les semaines dans Training Peaks (plateforme en ligne dont les plans d’entraînements sont partagés par le coach et l’athlète + call hebdomadaire tous les lundis soirs à 21h (15h à New York).

Etape 2 : début du programme d’entraînement en janvier 2018, soit 8 mois avant l’échéance. A ce moment précis, on se dit que l’on a le temps, que la course est loin… On pose les bases, on fait du travail de fond, la semaine de base comprendra 3 séances dans les 3 sports. L’essentiel des entraînements est programmé tôt le matin (levé généralement à 6h 5 jours sur 7, avec grass’mat jusqu’à 7h30 les 2 autres jours…), quelques entraînements le midi (notamment la natation à Nogent et Nanterre U) et très rarement le soir (uniquement en solution de back-up).
Quelques chiffres :
-        34 semaines de préparation
-        202 km de natation
-        3.600 km de vélo (avec 43h de Home Trainer en plus)
-        920 km de cap
-        10,5 h en moyenne par semaine (net), avec un pic à 19h lors de la semaine de stage à Boulouris
-        (la moyenne progressera à 12,5 h par semaine les 3 derniers mois avant l’épreuve)

Je décide de privilégier les semaines d’entraînement et de limiter les courses qui nécessitent plus de temps de récupération et amputent d’autant les jours d’entrainement. Je me limiterai donc à 2 courses pédestres et 2 triathlons:

-        10km de Vincennes : sous la pluie, parcours plat, très gros niveaux, je me suis battu pour rester sous les 40 minutes.
-        Semi de Périgueux : J’aborde ce semi avec une douleur à l’ischio droit. En accord avec le coach on établit une stratégie de course assez conservatrice : « tu démarres doucement (5’/km) et au 11km, si tout va bien, tu accélères progressivement ». In fine, je démarre comme une fusée (3’45 pour le premier kilo, je suis à la limite du claquage, ça tire, ça fait mal et là je me dis que les 20 derniers kilomètres vont être longs ! Je ralentis (forcément…) et je reste à courir doucement jusqu’au 11ème km, et ensuite j’accélère pour finir en 1h38).
-        Triathlon M de Cepoy (30/04): Celui là restera dans les annales. J’arrive sur le lieu de course et je m’aperçois que j’ai oublié la tri fonction, les lunettes pour le vélo, les gels… Je trouve un vieux t-shirt et Johann me prête un short, c’est bon je vais avoir un look d’enfer, mais ça le fera ! Bonne cap sans douleurs, je finis en 2h32’35’’.
-        70.3 Luxemboug (15/06) : Grosse répétition avant l’IM Vichy. Je décide de prendre la roue pleine. Choix pas trop judicieux ; La roue est lourde et j’ai du mal à l’emmener dès le 70 km (à ce moment précis le sort est jeté, il n’y aura pas de roue lenticulaire pendant l’IM de Vichy). La natation sera très rapide (2650m en 27’30), le vélo bien géré en 2h37 et une cap régulière pour un temps total de 4h49 qui représente mon meilleur résultat sur 70.3. Une bonne nouvelle avant Vichy !

A 10 jours de l’échéance, le moral est bon et je suis impatient de participer à mon premier ironman. La préparation s’est déroulée de façon optimale, et j’en profite pour remercier toute ma « team » sans qui je n’aurai pas la force de relever ce défi :

-        Didier : toujours disponible pour la sortie longue du week-end, et dès 7h30 toute l’année !
-        Stéphane MdL pour partager les séances clés (Natation au lac de Torcy, reconnaissance du parcours de Vichy en vélo/cap …) et discuter de triathlon lors de nos pauses cafés.
-        Tous les copains tri de la section UASG (menée par Guillaume), et des amis qui ont partagés de nombreux entraînements et courses depuis 2007 (notamment les « Sonics » à Hong-Kong, James, Hermann, Gareth et Jacky ; il y a également l’ami Juju rencontré à San Francisco, qui sera un grand supporter pendant la course à Vichy, Mike à NY qui m’a accompagné sur plusieurs triathlons aux US et tous ceux que j’ai pu croiser en France ou à l’étranger).
-        Les amis non tris qui ont du mal à comprendre pourquoi à 40 ans on se lance ce genre de défis…
-        Mon Coach Andres Herrera qui m’a accompagné pendant toutes ces semaines, et tous les jours jusqu’à l’événement, un soutien inestimable.
-        Mon osthéopathe Axel Daniel (à l’Etang-La-Ville) qui m’a suivi régulièrement pendant toute la préparation, soit pour régler de petits problèmes physiques, et surtout en prévention.
-        Ma famille, notamment Pascale (mon amour) et mes enfants (Inès, Claire et Antoine) qui ont supportés que je sois peu présent le matin au moment du réveil et que le vélo fasse parti de tous nos voyages 2017 en France (Arcachon, Tours, Périgueux…) et à l’étranger (Hong-Kong). Sans oublier, mes parents (qui seront présents à Vichy), mon frère et sa petite famille, ainsi que ma belle-famille qui vont tous énormément m’encourager.
-        Merci à vous tous pour votre soutien et vos encouragements pendant toute cette préparation ; « Now, let the fun begin ! »

L'Ironman Vichy 2017

L’ironman est programmé pour le dimanche 27 août 2017. Nous décidons de partir en famille dès le jeudi précédent la course, pour bien profiter de l’événement. Nous logerons à l’auberge La Rose des Vents situé à… Volvic, à 50 minutes de Vichy car tous les hôtels étaient réservés depuis longtemps. Le choix s’est avéré judicieux, notamment car l’auberge est située à 700m d’altitude, et par temps de grosse chaleur, c’est plutôt agréable !
Dès le jeudi, nous récupérons le sac de course (avec les dossards), et nous visitons le village des exposants. Arrêt au stand HUUB, je reconnais le vendeur que nous avions croisé avec Stéphane à Torcy, et bingo, je craque pour une « skin suit » (la combinaison en néoprène sera certainement interdite). L’essayer, c’est l’adopter, et je peux dire que les sensations de nage sont assez incroyables.
Vendredi, repos, visite de Vichy, quelques entrainements courts dans les 3 disciplines. Nous participons à la Pasta Party avec Stéphane.
Samedi, la pression monte. Participation à l’IronKids. Mes 3 plus fervents supporters repartent avec chacun un beau T-Shirt et une belle médaille. Et dépôt du vélo et des sacs de transition dans le parc à vélo.
Dimanche… le jour de la course…
Levé à 4h, toutes les affaires sont prêtes dans la salle de bain (ainsi que le petit déjeuner, qui consistera à ingurgiter une banane et 2 barres de céréales). Un sandwhich au « peanut butter » sera pris vers 6h.
Nous quittons Volvic avec ma femme (les enfants restent avec mes parents), et après le trajet, j’atteins le parc à vélo vers 6h10… (en fait je ne sais pas trop, j’oublie de regarder l’heure). Je cherche Stéphane, Manu, je ne les vois pas, je décide de m’occuper du vélo : gonflage des pneus avant / arrière, j’attache les gels sur la barre transversale du vélo (j’en prévois 9 pour le vélo, soit 1 toute les 40 minutes), j’accroche les chaussures sur le vélo, et je vérifie les sacs de transition… bref, tout ça prend du temps, et alors que je suis toujours dans le parc à vélo, j’entends le speaker annoncer le départ de la course, il est 7h … et je croyais que le départ était 7h15… Je ne panique pas, je termine tranquillement ma préparation, et je quitte le parc à vélo parmi les derniers. Je ne peux mieux faire que de me mettre avec les triathlètes qui souhaitent nager en 1h13-1h18 (j’aurai préféré nager avec ceux qui tournent autour de 1h05, mais ce n’est pas grave, la journée va être longue). In fine, je passe mon temps à doubler par la droite, par la gauche, je longe au maximum les bouées jaunes du parcours de l’aviron). Je sors de l’eau en 1h13 !


Les sensations sont bonnes, pas fatigué, j’ai réussi à trouver un bon rythme. Je récupère mon sac de transition, le vélo, et c’est parti pour les 180 km. La route est légèrement détrempée suite aux orages de la nuit passée. Il faut bien rester concentré pour ne pas partir à la faute (un concurrent juste derrière moi n’aura pas cette chance, et se retrouvera au tapis dès le premier rond-point venu).












La première heure et demi me paraît longue, les sensations sont bonnes, malgré un léger mal de ventre (que j’attribuerai à l’eau de l’Allier que j’ai dû avaler pendant la natation). 



Je prends des morceaux de bananes aux ravitaillements, et le mal de ventre passera vers le 60ème km. Le temps après 1h30 de course va commencer à s’accélérer, à tel point que j’ai l’impression d’avoir vécu la fin du vélo en avance rapide ! 3h30, 4h, 5h, 5h25 et hop c’est fini ! (un petit détail concernant la position à vélo : au bout de 90km j’ai les lombaires en feu car je n’ai pas pensé à me déplier de ma position « aéro » ! La seconde boucle à vélo sera du coup un peu pénible). La descente du vélo se fera en douceur, et heureusement car les ischios se rappellent à mon bon souvenir.

Départ de la course à pied après quelques étirements, et me voilà parti pour 4 x 10,5km (une sorte de fractionné long). Je vais vivre chaque boucle de façon différente. La première boucle se passe bien, peu d’arrêt aux ravitaillements même si je prends bien mon gel tous les 7-8 km + de l’eau et de la St Yorre.


A chaque tour, ma famille m’encourage, mais également les nombreux spectateurs et bénévoles ; certains vous appellent, voir crient votre prénom, c’est juste incroyable !). Lors du 2nd tour, je reconnais la voix de Juju qui encourage Adrien B. (un triathlète que j’avais croisé lors d’un stage tri en 2016), du coup ça me booste bien (Adrien B. a participé plusieurs fois à Hawaii). Le 3ème tour démarre, c‘est le plus dur, mais je vois pleins de personnes démarrer la course à pied, ça doit motiver mais finalement pas trop, je reste concentré, je prends de plus en plus de temps pendant les ravitaillements. Le 4eme tour sera juste du pur bonheur, il ne reste que 10km à cette longue aventure, j’en profite… les km défilent et je finis les 500 derniers mètres en sprintant (3h45 au marathon, content surtout que c’était la première fois que je courais plus de 34km) !



Je lève les bras au ciel et ça y est, Je suis un IRONMAN ! Il m’aura fallu 10h34 pour arriver à bout de l’Ironman Vichy 2017 !
You are an Ironman !

La récupération 

Je vais bien récupéré physiquement (peu de courbatures) grâce notamment à un décrassage bien géré (massage après course + sortie vélo dès le lendemain pendant 1 heure) ; par contre grosse fatigue générale pendant 10 jours qui m’auront permis de me coucher très tôt (vers 21h30).
L’expérience aura été incroyable, avec un entrainement géré en douceur et bien dosé. Dès le lendemain, nous (ma femme et moi) discutons de la suite à donner à cette aventure, et décidons ensemble de poursuivre l’aventure Ironman sur cette lancée et viser un sub-10 (moins de 10h de course). Le choix du prochain Ironman est vite trouvé. Il s’agira du « Mainova Ironman European Championships » à Frankfort, le 8 juillet 2018 !


Merci d’avoir lu ce compte-rendu de saison jusqu’au bout ! Bon entrainement à tous !
Sébastien S.

mardi 19 septembre 2017

Troll Enez Morbihan - SwimRun 45kmCAP + 5km NAT

Récit à 4 mains (sans les plaquettes, pas pratique pour écrire) de cette belle journée de sport - bon ça a piqué quand même :). Bonne lecture c'est long.

Eric: En 2015 j’avais terminé la première édition du Troll Enez (premier Swim and Run longue distance en France) dans un état de fatigue avancé compte tenu du froid et de la difficulté de l’épreuve. Mon binôme de l’époque n’a d’ailleurs pas donné signe de vie depuis 2 ans comme si sa carrière de Triathlète s’était terminée en Octobre 2015 dans le Golfe du Morbihan. [message perso « si si Romain ! Tu peux revenir faire de Triathlon et t’inscrire sur des compétions au soleil ! »]. Malgré cela je décide de rempiler à la deuxième édition du Troll Enez qui est programmée début Septembre 2017. Aussi cette fois, je suis associé à Guillaume et nous partons avec quelques atouts en poche –l’association de nos expériences, sa technique de natation, mon endurance et nos niveaux sportifs équilibrés.
Guillaume: En 2015 j'étais resté sur un souvenir de froid, très froid. [J'avais demandé à Bertrand de m'abandonner sur une île au milieu du golfe et j'ai mis quelques mois avant de pouvoir passer de nouveau sous les douches de la piscine]. Objectif 2017: avoir moins froid et courir toute la course.

Depuis deux ans ce très jeune sport a pris de la maturité. Il y a maintenant un calendrier fourni, les fabricants vendent des équipements et du matériel spécialisé Swim & Run. On trouve également sur le web des myriades de conseils en quelques clics (allez sur le groupe FB SwimRun France !). Nous sommes passés au Vieux Campeurs faire quelques emplettes puis, le week-end précédent la course, nous avons testé le matériel et les enchaînements. Cette fois nous serons encordé en Nat et parfois en CAP, rien n'est laissé au hasard. [Stéphane, un grand merci pour les conseils].

Le départ

Arrivée le samedi par une belle journée ensoleillée nous prenons place dans l’auberge de jeunesse à 500m de la course. Décor et aménagement spartiate mais parfait pour dormir quelques heures.

Les deux font la paire

Dimanche 3 septembre : Levé 5 heures (dur). Départ en bus vers Vannes puis navette pour rejoindre l’île d’Arz au milieu du Golfe. La météo a changé pendant la nuit. Il fait environ 15°C, quasiment la température de l’eau, et il pleut. Cette météo typique de la Bretagne nous suivra toute la journée. Etant donné qu’il faut attendre 30/40mn avant le top départ à 8h15, l’animateur a la bonne idée de nous passer quelques musiques entraînantes pour réchauffer les corps et le moral. Ainsi nous avons le droit à une danse improvisée des swim runners sur la célèbre chanson de Patrick Sébastien « Les Sardines » ! [Oui, cette épreuve s’inscrit vraiment dans un esprit provincial qui s’assume – Terroir versus Bling bling ! On ne trouve pas ce type de répertoire musical sur les épreuves licences Iron man].

Jusque là tout va bien.

La première portion consiste en une course à pied d’environ 9km - on pense qu'elle en fait 6, ce petit détail va avoir son importance. Nous partons sur un rythme un peu rapide. L’objectif est de se réchauffer puis de trouver la bonne cadence entre vitesse et prudence. Au bout de 6km, on ferme les combis, erreur, on termine en mode cocotte minute - heureusement la première section de natation va nous rafraichir.

Les athlètes s’étalent doucement au fil des kilomètres mais à la première mise à l’eau, nous sommes assez nombreux. Nous essayons de mettre en pratique les gestes répétés la semaine précédente. On s’attache avec le "leash" artisanal que nous avons fabriqué, fermeture de la combi, lunettes, mettre les plaquettes et enfin caller le pull-buoy une fois dans l’eau.

Eric: Ca va. La sensation n’est pas désagréable étant donné la très faible amplitude thermique entre l’air et l’eau. Guillaume assure et s’applique à mettre un bon rythme de natation et orienter sur l’oriflamme. L’eau est calme et la visibilité est bonne. Je fais de mon mieux pour suivre dans les pieds de Guillaume, ne pas me faire trop tracter et ne pas me prendre les bras dans le fil.
Guillaume: Première natation, une anse à traverser, "piece of cake". Ben pas du tout, bizarre y'a quand même un bon courant latéral. Finalement on s'en sort bien, la journée est lancée !

Cette première petite portion de natation (500/600 mètres) se passe très bien et enchaînons sur une course à pied de 3 ou 4 km.

Eric: Fort des bonnes sensations de course depuis le départ, nous abordons la 2ème natation de 600/700 mètres en toute confiance. Le scénario ne se déroule pas du tout comme nous le pensions. La mer est difficile à lire. Il y a beaucoup de clapot et des vagues désordonnées qui nous agitent dans tous les sens. Je me concentre sur ma nage et à rester au contact de Guillaume. Ca semble aussi compliqué pour lui. Il a du mal à s’orienter et nous dérivons sur la droite. Plusieurs fois, je m’emberlificote dans le « leach ». Bref nous sortons enfin de l’eau avec l’impression d’avoir perdu beaucoup de temps et d’énergie sur une toute petite transition de natation. 
Guillaume: Un gros chantier cette portion ! Des vagues venant à la fois de droite et de gauche, je n'y vois rien, du courant. Bon en faisant le point on n'est pas les seuls, il y en a partout ! Et dire que c'est seulement la deuxième portion et que les natations les plus difficiles sont devant nous. Je sors de l'eau au bord des crampes.
Venez me chercher !

Eric: Nous repartons pour la grosse portion de course à pied de 14km (tour de l’Ile aux Moines) tout en gambergeant sur les conditions de mer qui nous attendent de l’autre coté de l’Ile. Nous avons du piocher dans les réserves car la traversée de l’ïle aux Moines n’a été ni très rapides ni très régulière. A chacun notre tour nous avons eu une petite baisse de régime durant ces 14km.
Guillaume: je commence dans le dur avec des crampes, ensuite ça va et je frôle l'hypo à la sortie de l'Ile. Passage assez difficile comparé à 2015 où j'avais été euphorique sur ce tronçon. Et dire qu'on a un mur devant nous 3km de traversée dans le golfe... La corde a bien aidé sur cette partie.

Eric: Nous abordons enfin le nord de l’île pour enchaîner globalement 3000 mètres de natation entrecoupée de 2 / 3 micros îlots. Guillaume est euphorique lorsqu’il constate que la mer est finalement calme et qu’il ne semble pas y a voir trop de courant. Cette fois Guillaume oriente beaucoup mieux en revanche l’élastique entre nous n’est presque plus tendu. Est-ce moi qui nage mieux ou lui qui a réduit sa vitesse ? Je reste sagement dernière, profite de sa traînée et surveille de temps en temps s’il vise bien les bouées. A mi parcours, lorsque nous sortons de l’eau sur l’île de Logoden (250m de long /40m en largeur) Guillaume est transi, il grelotte et est un peu livide. Je le pousse à repartir vite pour se réchauffer seulement c’est compliqué de progresser dans les algues, le sable, la boue et les rochers glissants. Heureusement qu’il y a un petit ravitaillement sur cet îlot battu par le vent et la pluie. Les deux bénévoles sont frigorifiés mais ils gardent le sourire lorsqu’ils nous versent un coca ou de l’eau ! Il reste environ 1000m de natation pour rejoindre Arradon sur la côte Nord du Golfe. Guillaume a retrouvé des couleurs, son moral reste bon et il fait le job en natation. Cependant la vitesse reste moyenne. Je touche souvent ses pieds ou je me prends les plaquettes dans l’élastique qui n’est plus tendu. Sur les derniers hectomètres, je remonte donc à sa hauteur ce qui aura pour effet de le piquer au vif car il repasse devant pour finir cette dernière grosse portion natation.
Le plus dur de l’épreuve est maintenant dernière nous. A ce moment de la course l’enjeu est de gérer la fatigue, ne pas sombrer, avancer régulièrement et si possible tenir un classement. 
Là j'ai froid.
 Guillaume: Bon résumé :) Je me suis appliqué sur la navigation, très concentré pour bien négocié le courant qui vient de travers, par contre ça épuise ! En gros le rythme c'est: tous les 4 à 6 coups de bras - lever la tête, faire le point et là pas de bouée il faut viser le fanion à 1 km, mais heureusement pas trop de vagues cette année. J'ai une fois de plus frôle l'hypothermie, mais les 15°C n'ont pas été fatals comparé aux 13°C. Eric me fait prendre un gel à la sortie, ça requinque. [C'est au bout de 20' dans l'eau que je commence à être congelé - il faudra choisir des courses avec de plus petits tronçons]. Pour la fin de la natation, je confirme, ça m'a piqué de me faire dépasser, je dormais :) 
Si tu cours à Arradon, tu vas au bout !

Eric: Nouvelle portion à pied d’environ 3 km le long de la mer. Il faut jongler entre les rochers, le sable, la vase, les algues, rester concentré, ne pas glisser… Evidemment la vitesse de progression est lente sur ce passage. Guillaume a du mal à rester au contact mais nous avançons et perdons seulement deux places. Nous retrouvons les deux autres binômes à la sortie de la transition de natation suivante.
Guillaume: RAS, je démarre la course tout raide et perclus de crampes. Une boite sur un rocher, ça m'énerve et me remet dans la course - ah la piqûre d'adrénaline.
Eric: Je perds un peu de temps à vider mes chaussures de la boue et du sable accumulé car nous attaquons une portion de quasiment 10 km de course à pied très roulante. A ce moment de la course je suis déterminé à avancer au train car il y a beaucoup de places à perdre ou à gagner. Mon mollet gauche me fait de plus en plus mal mais à environ 11 km/h ça doit passer. Il faut juste avancer à l’économie, boire, prendre du sucre mais avancer coûte que coûte. Guillaume n’est pas au mieux. Nous devons alterner course et parfois marche rapide pour soulager ses douleurs aux genoux. Grâce au "leash", également fort utile sur les portions de course à pied très roulantes, Guillaume reste au contact et nous avançons.
Guillaume: le TFL s'était réveillé sur l'Ile au Moine, là ça commence à sérieusement tirer. Normalement on ne court pas avec un TFL... sauf quand tu es encordé, pas le choix, tu te tais et tu avances :) Bon ok j'ai grogné [un peu]. Merci Eric de m'avoir tiré sur cette portion. [A la réflexion, je manquais surtout de sucre, je rentrais en hibernation, ça doit être le froid]. 

Ca va mieux avec la longe.

Quelques équipes nous doublent mais sur un ravitaillement express nous reprenons des places ce qui fait du bien au moral. 10km/h de moyenne, l'essentiel est sauvé sur la portion. Nous arrivons enfin à la dernière natation d’environ 500 mètres. L’arrivée se trouve 3 km après la traversée.

Lors du briefing de départ, on nous avait annoncé que la dernière natation serait compliquée car dans une « vasière ». Effectivement nous sommes à marée basse au moment de traverser. Cette portion s’avère être un véritable calvaire. On s’enfonce jusqu’au genou dans une vase collante. La marche est vraiment difficile et nécessite une énergie folle. Quand il y a de l’eau, ce n’est guère plus de 30 cm à 50 cm de hauteur.

Eric: Après 5 minutes à me débattre debout ou allongé je commence à subir la fatigue alors que Guillaume avance. A plusieurs reprises je suis obligé de lui demander de m’attendre car nous sommes toujours attachés par le "leash" (ce qui n’était pas très judicieux à ce moment de la course). Nous avançons couchés dans quelques centimètres d’eau à la force des bras, les plaquettes plantées dans la vase. Cette traversée, trop longue, m’a vidé de mes forces. Le coté positif c’est que nous laissons aussi dernière nous d’autres équipes en mauvaises postures dans la vasière.
Guillaume: Grave ! On a du doubler 5/6 équipes dans cette vasière, j'ai kiffé :)
Bah c'est du propre.

Eric: Nous n’avons même pas de quoi nous rincer les mains et le visage qu’il faut repartir et boucler les 3 km qui nous séparent de l’arrivée. Curieusement Guillaume a retrouvé la niaque. Alors qu’il se traînait depuis plus d’une heure, la séance de boue l’a ravigoté. Oublié les douleurs aux cuisses ou aux genoux, mon binôme est probablement adepte de la Thalassothérapie ! Cette fois il coure devant et tire sur l’élastique. Nous montons à environ 12 km/h (impossible pour moi d’aller plus vite) et remontons encore deux équipes sur ce dernier tronçon.
Ah on est arrivé ?!

Enfin l’arrivée bras de dessus / bras dessous en 6h26.
28ème au scratch sur 71 équipes finisher (dont 4 hors barrière horaire).

Eric - J’ai aimé :
- L’aventure humaine au sein de l’équipe. La bonne complémentarité du binôme.
- Deuxième participation mais une aventure sportive différente compte tenu des conditions extérieures (météo, la mer, marée…).
- L’organisation et la logistique très professionnelle (130 bénévoles pour 142 athlètes !) mais dans un style artisanal et provinciale.
- L’ambiance de course et la grande sportivité entre les équipes.
- Les paysages le matin sur l’Iles d’Arz
- La paëlla géante après la course (que les familles et accompagnateurs peuvent aussi déguster gratuitement).
Guillaume: tout pareil. J'ai pas aimé les 3 jours après la course...grosse fatigue.


Crédit photo: Troll Enez Morbihan - https://www.trollenezmorbihan.fr/

lundi 18 septembre 2017

IM Nice - by Jean-Luc

J+7 déjà et toujours pas descendu totalement de mon nuage niçois, je m’essaie à la rédaction du traditionnel CR des courses marquantes, à destination de ceux qui voudront bien le lire, je l’espère intéressant aussi bien pour des sportifs aguerris que pour des néophytes qui ne connaissent pas l’univers du triathlon.

Me voilà en effet à une étape d’un projet sportif vieux de 5 ans, qui se construit année après année.

Rapide flashback: en 2012, je démarre le triathlon au club de Nogent, j’étais attiré par le côté ludique et complet de ce sport, j’en avais déjà bouclé un en compétition durant mes jeunes (et lointaines) années, et cette année là je commençais à ressentir le besoin de ne pas pratiquer uniquement la course à pied, j’avais besoin de me relancer en terme de motivation sur ce sport que je pratiquais souvent seul et de manière non structuré,  et puis il fallait ménager ses vieilles articulations ( pour les non initiés ;- la course a pied pratiquée seule peut être traumatisante, le vélo et la natation sont des sports « portés » qui renforcent la capacité musculaire et atténue donc le risque de blessure).

Problème = je n’avais pas de passé de nageur ni de cycliste, mais ça  n’est pas un souci à l’époque, je ne recherche pas la perf, du moins pas dans un premier temps, je veux juste découvrir d’autres sports.

De 2012 à 2014,  je me concentre sur des formats M (moyen) : 1,5 kils natation -40 kils velo-10 kils course à pied, ma motivation repart de plus belle sur la course à pied, à la même époque je rejoins les coureurs de l’UASG Run à la Defense et y trouve de vrais compétiteurs animés par l’envie de se surpasser ; et puis à partir de 2014 je passe au format L (long) 1,9 kils nat -83 kils velo-20 kils course à pied à Vendôme, Beauvais, Deauville, Natureman dans le Verdon… Et progressivement l’envie de performer augmente, mon profil beaucoup trop coureur me limite certes beaucoup (je perds beaucoup de temps en natation et vélo) mais je m’amuse beaucoup aussi (je dépasse beaucoup de monde sur la course à pied qui est l’épreuve finale). A cette époque je consacre environ 8 à 9 h par semaine à mes entraînements, dont 6h sur la course a pied avec le club de la Société Générale et le reste sur natation et vélo avec le club de Nogent, c’est évidemment totalement déséquilibré mais ma priorité reste la course à pied ou je dépasse en 2015 tous mes vieux chronos de l’époque athlé…dans les années 90 (En 2015, 2h52 au marathon de Paris, 1h19 au semi de Chessy, 35’35 au 10 kils d’Issy), et je m’essaie au trail - ultra trail à l’UTB en 2016 que je ne finis pas (Choupi a peur de l’orage en montagne).

Arrive la saison 2016-2017, depuis le mois d’octobre je travaille à 10mns de chez moi dans les locaux flambants neufs de la SG , c’est enfin le moment que j’attendais pour tenter le graal qu’est l’Ironman pour tous les triathlètes, pour info l’Ironman le plus connu est le format XXL 3,9 kils nat -180 kils velo-42 kils course à pied : nous serons une dizaine de la SG, 3 de Nogent. Je m’inscris assez tôt sur Nice, juste avant qu’il soit…annulé puis décalé de Juin à Juillet pour respecter le moratoire d’un an sur la promenade des anglais. Pourquoi Nice ? L’endroit est magnifique, la difficulté du vélo est réelle avec notamment un col mais elle reste abordable avec pas mal des descentes non techniques, et  je m’attend à une grosse ambiance sur la promenade des anglais sur l’épreuve finale du marathon.   


Dès le début de la saison je suis motivé pour faire une grosse année qui doit finir en apothéose je l’espère ;-)


  • L’hiver est consacré traditionnellement à la course à pied, je prépare successivement la Saintelyon 70 kils en Décembre puis l’Ecotrail 80 kils en mars. Ce sont à chaque fois de grosses préparations avec des moyennes hebdos de 100 kils, les plans sont réalisés  en semaine entre midi et 2 avec les coureurs de la SG puis le we seul, ils sont préparés par notre coach Abdel également salarié SG, le we il faut encaisser à la fois du dénivelé et de la longueur (70 kils et 1000m D+  le we sur 3 séances). En parallèle, j’effectue mes 2 séances de natation par semaine le matin de 7 à 8H avant le travail avec le club de Nogent. Et je démarre en décembre le hometrainer chez moi avec des exercices de vélocité. Je suis à partir de janvier à environ 12h de sport par semaine au total, env 8h sur la course a pied et le reste en natation-vélo

  • A partir de la fin de l’écotrail en mars, je donne clairement la priorité en vélo en même temps que j’augmente les volumes totaux. Cette fois ci ce sera une moyenne de 17h par semaine (avec des pointes à 20h, je fais même une semaine à 28h) avec une répartition 50% vélo-30% cap-20% natation, toutes les séances sont réalisées le matin de bonne heure et entre midi et 2 , je les encaisse sans fatigue excessive, ma grosse préparation durant l’hiver y est pour beaucoup. Mon objectif est d’arriver à 5000 kils de vélo sur 2017, je réalise 3-4 cyclos de 200 kils environ durant les 4 mois, une séance de côte par semaine tous les mercredis de 6h30 à 8h, des sorties longues de 140k quelquefois en groupe et aussi seul, mon volume hebdomadaire de vélo est en moyenne de 250 k, bref quand arrive juillet le volume est atteint et je me sens bien en jambes, surtout en côtes, en revanche c’est un peu moins bien sur du parcours plat venté ou je manque encore un peu de puissance.  Je fais mon planning de séances seul car je suis le seul à connaître mes contraintes et mon état de fatigue, cependant beaucoup de mes séances sont réalisées en groupe, j’y puise beaucoup de motivation et de conseils précieux, Olivier-Will sur la nat, Mika-Will-Thierry-Yannick-Eric sur le vélo, je n’oublie pas aussi le soutien permanent de notre ironwoman Elitsa du club de Nogent ; sur la cap je fais beaucoup de mes séances mitonnés par Abdel avec les runners de la SG à Val de Fontenay : Olivier-Alex-Dominique-Germain-Cath-Fred-Christian, sans oublier Tak le maestro…je ne peux tous les citer, mais tous m’aident beaucoup, il y a une vraie force qui passe dans un groupe, désolé pour ce poncif mais je n’ai pas une conception solitaire du sport, pas du tout.  

  • Et la famille dans tout ca ? Mes enfants Marin et Flora sont grands (22 ans et 19 ans), ils sont supporters mais je n’en rajoute pas trop car ils ont leurs propres préoccupations avec leurs études , je sens que ca leur plait bien cette histoire…Et Véronique,  merci, mille mercis, c’est pas toujours facile d’entendre le réveil à 5h30 le matin ou d’avoir un mari absent les samedis et dimanches matin, mais le jour J il s’agira d’être digne dans l’épreuve devant les enfants ;- il faut que ce soit une fête et pas une boucherie donc ca vaut bien quelques petites sacrifices, et toutes nos soirées sont préservées avec mon organisation.



Arrive la semaine :  nous sommes à Nice depuis le jeudi, l’épreuve est le dimanche, la tension monte doucement, mais il s’agit plutôt d’une envie de se lancer, je me sens prêt, j’ai annoncé sous les 12h mais je sens que je peux faire 11h30, ma principale inconnue est mon temps vélo. Avec Véro et Flora (le vol de Marin a été annulé le jour même) sur le parcours cap et le gros contingent SG + Alex du club de Nogent, tout est réuni pour être au top de sa motivation. J’ai hâte d’en découdre. Les derniers jours je me repasse dans ma tête le marathon qu’il faudra disputer sous la chaleur, je sais qu’il faudra être fort, alors autant préparer son cerveau à l’accepter ;-. Depuis 2-3 semains je bois 2 litres par jour, je mange surtout pates et riz et bien évidemment j’ai proscrit l’alcool, mais en dehors de cela je ne suis pas de régime diététique particulier.


Le jour J : lever à 4h15, départ à pied du Airbnb à 5h15, sur place à 5h30, pas beaucoup de temps pour équiper le vélo des barres énergétiques, regonfler les pneus, et enfiler la combinaison. Gros stress j’ai oublié mes bidons d’eau isotoniques, j’en récupère un auprès de l’organisation, je referai le plein au premier ravito (kil 17)


  • La 1ere épreuve est 3,8 kil de natation en mer, 1 grande boucle et une petite boucle devant un public très nombreux qui a entonné la Marseillaise au début, la mer est calme mais je me sens comme écrasé par l’événement au début, les bras sont mous, tout d’un coup je doute, est ce que j’arriverai à être à la hauteur ? Et puis progressivement je me concentre sur mon « cassé de coude », no stress ce n’est pas sur la natation que va se jouer le sub12h. Je sors de l’eau avec un temps de 1h14 alors que ma prédiction est 1h20, agréablement surpris, ça me met sur une bonne rampe de lancement.

  • La 2eme épreuve est 173 kils de vélo, env 2000 m de dénivelé, la principale difficulté du parcours est l’ascension du col de l’Ecre (moy 5% sur 20 kils), mais je l’ai reconnu lors du stage de tri en mai, je ne le redoute pas, il faudra juste veiller à ne pas se griller. Je retrouve tres vite Max sur le vélo, avec qui j’avais déjà fait le Natureman en 2016, il est meilleur que moi en natation et vélo, il me dit qu’il me trouve dans le coup, et ça me fait du bien d’entendre cela, merci Max ;-. J’avale le col de l’Ecre en souplesse en dépassant beaucoup, je me sens facile, je m’alimente bien, 1 barre énérgétique + bidon 1l par 30 kils env, mais le plateau venté au sommet refroidit mon enthousiasme, et dans la descente Max s’en va, je ne peux pas le suivre. La 2eme partie du vélo avec de longues descentes m’est moins favorable, je me sens moins facile, mais à chaque bosse je vois que les jambes sont encore là, je finis mon vélo en 6h10 en retrouvant Anthony, un triathlete de la SG. Ma prédiction vélo était 6h30, je sais que j’ai désormais beaucoup d’avance sur le sub 12h et même le sub11h30.

  • La 3eme épreuve est le marathon : bien que ce soit ma spécialité, c’était l’épreuve que je redoutais le plus. S’élancer sur une allure de 4’30-4’40  au kil à 14h avec 30 degres dans l’air (35 dgrés sur le tarmac), apres 7h30 d’efforts,  je savais que ce serait « extrême » et qu’il allait falloir débrancher le cerveau (même préparé) dès le début. Je pars en 4’30 mais je sens que ca ne passe pas, je peux exploser, je me met en 4’40, le chrono descendra pour se stabiliser à 5’00 env au kil. La chaleur est terrible et c’est là que le chrono sur l’IM se joue, il faut effectuer 4 boucles, des ravitos et des douches sont disposées tous les 1,7 kils, impossible de ne pas s’arrêter a chaque fois pour me rehydrater copieusement (2 gobelets d’eau, un gobelet de boisson iso, ½ verre de coca, 2 quartiers d’orange, plus le gel tous les 5k). Je cours comme un robot, je ne peux pas à aller à mon allure naturelle sinon je me déshydrate trop vite, je me force quelquefois à rester derrière des concurrents plus lents, ainsi je pense aller plus loin en limitant la marche lors des ravitos. Les encouragements de Vero et Flo,  mon retour sur Eric, Emmanuel (triathletes SG) et Max que je retrouve sur le dernier tour, c’est dur mais mais je sais que je vais tenir, j’ai beaucoup de foncier en cap et j’ai beaucoup d’avance sur mon objectif global, je vais finir en 3h27 (ma prédiction était 3h20) au bout d’une ligne droite interminable, ca y est je suis Ironman en 11h07 😊 😊 je suis satisfait à l’arrivée, content d’avoir « transformé » en course ce que je faisais à l’entraînement, mais il me faudra un peu de recul pour réaliser.




Les classements sortent et là c’est la très grosse surprise : j’aurais pensé être dans la première moitié, je suis en fait 180ème environ sur plus de 2000 partants (500 ont abandonné je crois), et 9ème de ma caté ! Avec une toute petite chance de qualification pour les championnats du monde à Hawaï en octobre 2017, qui l’eut cru ??? Et un joli 37ème temps sur le marathon.

  • La cérémonie de remise des précieux sésames a lieu le lendemain, nous nous y rendons avec Véro,  le dernier parti  sera finalement le 5eme (dans la caté 45-49 ils sont quand même remontés jusqu’au 10e) tant pis je ne suis même pas déçu, c’est déjà tellement incroyable d’y avoir rêvé pour un premier IM…
  • Voilà, cette aventure est finie mais il y en aura d’autres : place au trail à la rentrée avec l’imperial trail à Fontainebleau (40 kils) en septembre puis le trail des templiers en octobre, et puis ensuite en 2018, il y aura le retour sur marathon « sec » (marathon de Londres en avril ou je cours après le sub 2h50) puis sans doute un retour durant l’été 2018 sur le circuit Ironman, mais sur un format L, peut être à Vichy, avec j’espère une grosse perf qualificative si je continue à bien bosser sur le vélo. Pour le retour sur le XXL il faudra attendre 2019.
  • Un grand merci de m’avoir lu jusque-là ;-, biz à tous et d’ici là portez vous bien, un bel été à tous 

vendredi 1 septembre 2017

Classement Ironman des clubs => Nous sommes n°2 en France !


L'UA Société Générale est en division IV (clubs de 25 à 75 athlètes) des clubs de triathlon (ranking IRONMAN). Chaque coureur cumul des points en fonction de son classement aux courses du label IM.
En 2017, nous avons participé aux courses :

  • 70.3 d'Aix-en-Provence
  • 70.3 de Barcelone
  • 70.3 de Luxembourg
  • IM Nice
  • IM Vichy
A ce stade, nous sommes classés second club français de notre division, sur 27 clubs inscrits ! Good job ! Et cela ne compte pas les nombreuses courses sous d'autres labels...


Le détail est ici.

Et les plus "gros" contributeurs sont :

     


lundi 14 août 2017

Roth 2018 - 9h53 par Christophe

Je crois que tout à été dit sur cette course considérée comme un pèlerinage à faire une fois dans sa vie de triathlète.
Que dire de plus devant cette organisation sans faille, ces bénévoles qui vous sont dédiés et qui vous crèment la nuque, vous rangent votre combinaison à T1, prennent votre vélo à T2, mettent avec soin votre beau casque tout neuf dans le sac de transition ?
Rien d'autre mais c'est beau de toucher la perfection. Pourtant le parcours n'a rien de transcendant dans les 3 disciplines et pourtant la magie opère, vous obnubile même quand le corps ou le mental lachent.

Et dire que 2 mois avant j'étais forfait. C'est dans ces cas là qu'on apprécie de se faire violence. Entre les blessures et le sous entraînement, 0 compétition depuis 2016, quel intérêt d'aller faire le touriste et faire un temps pitoyable ? Faut dire que 200 000 personnes qui vous jettent des tomates a de quoi tempérer les ardeurs.

Bref et pour éviter une saison blanche et après discussion avec le coach, on se cale sur une prépa de 6 semaines et 2 d'affutage. Pas de grosses semaines mais j'arriverai à monter à 15h en période pointe pour éviter de nouvelles blessures.

Et puis le miracle est arrivé en vélo. J'avais déjà franchi un petit cap l'année dernière en posant le vélo 3ème au Celtman, puis 5ème au Half de Bois le Roi, mais là je vais avoir une progression spectaculaire en l'espace de 3 semaines où je vais pousser jusqu'à 20 watts de plus sur les sorties longues. Et là forcément la motivation revient toute seule. Grimper des cols, ça aide à progresser indéniablement.

La CAP, vu d'où je partais ne pouvait qu'être meilleure, mais l'essentiel était de ne pas se blesser. Alors j'ai fait beaucoup d'excentrique et glacé longuement après chaque sortie, aussi minime qu'elle soit. Mais il était temps que ça se termine, ça commençait à chatouiller sérieusement en fin de prépa.

Et la natation... ah bah oui c'est vrai qu'il faut nager dans le tri. Je m'en suis rendu compte la semaine avant la compétition et n'aurai nagé que quelques séances qui se comptent sur les doigts d'une seule main :-). A ne pas faire donc.

Voilà, après la course en elle même, pas de miracle à attendre. Plus de 30° annoncés, je sais déjà que mon corps lâchera rapidement sous les crampes. Je sais même quels muscles précisément :
- Vaste interne et grand couturier gauche en vélo
- Ischios en CAP

Alors l'objectif sera de valider avant tout un bon chrono vélo sous les 4h50 en retardant l'apparition des crampes (Je prépare en ce sens une solution basique pour limiter un temps les montées acides des muscles).
Natation pour limiter les dégâts en 1h05/1h10, CAP en mode survivor, mais 3h30 jouables si la chaîne postérieure me laisse tranquille le temps d'un semi.

Pas de grosses ambitions donc, mais partager ce moment avec mon pôpa venu avec moi et surtout profiter du début à la fin sans regretter. Les dés sont jetés de toute façon.
Je regarde les athlètes s'affairer, se concentrer, j'envie les papas dont les enfants sont venus les encourager avec les pancartes et les T-Shirts. Vivement que les miens soient plus grands. 
Drôle, aussi, les athlètes qui craquent et fondent en larmes sous les paroles de la speakerine qui fait dans la dramaturgie à base de "your race, your legend", "this is your daaaaaay" le tout avec une voix d'outre tombe. Je ne peux m'empêcher de rigoler car on va tous -beaucoup- souffrir. Faut juste éviter que ça s'éternise et que ce soit pire qu'à l'entraînement.

Avec mon numéro 206, je vais partir juste derrière les pros dans la première vague de natation. Autrement dit, inutile d'aller chercher des pieds à accrocher, on n'est pas dans la même catégorie natatoire.
Et en effet, je vais prendre cher dès le début. Pourtant les quelques séances faites étaient pas trop mauvaises (tout est relatif). Je n'ai absolument rien dans les bras et souffre incroyablement dès les premiers mètres. Quel cauchemar ! L'impression de pas réussir à respirer et encore moins d'avancer. La sanction est tombée en 1h10 après 3800m. Ouch... jamais mis un tel temps, même pour les 4 bornes sans combi de Zürich. Pas de bras, pas de chocolat comme on dit.




Un peu sonné et étourdi au propre comme au figuré par cette perf, j'enchaîne avec d'autres ambitions sur le vélo. Et là, je vais me faire plaisir. Je pars comme une brute pour rattraper les insolents qui me sont passés devant. Surtout ceux des vagues suivantes d'ailleurs. Ceux de la mienne sont surement déjà loin.
J'ai laissé pas mal d'énergie dans l'eau et du coup j'ai du mal à me mettre dans le rythme avec un cardio relativement haut par rapport à d'habitude. Mais ça revient progressivement et je remonte vraiment beaucoup de monde. Je sais désormais que pour maintenir un rythme élevé, il me faut trouver des athlètes avec qui me taper la bourre. Je finis par en trouver un vers le 30 kilomètre et qui avance pas mal. Il y a beaucoup de vent ce qui rend le parcours assez pénible. Les kilomètres défilent et enfin le Solarberg est en approche. Waouh ce monde, ces encouragements qui transcendent. Incroyable ! 
Revers de la médaille, on monte à la queue leu leu pour les moins téméraires dont je fais partie. Du coup je suis complètement freiné et perd mon buddy de compét'. Je suis un peu dégoûté car on faisait vraiment du bon boulot. Jamais je ne le reverrai. Du coup, je tente de me remobiliser. La fin du premier tour approche et vois que je suis sur une base de 2h20 et 244 watts. Waouh, trop content surtout que j'ai une sacrée pêche. Je continue de boire comme un trou et à m'alimenter comme prévu dans le plan.
Mais ça va se compliquer car il y a quasi 3000 athlètes sur le parcours à l'entrée de la seconde boucle. Et là ça va me démobiliser pour gérer les très nombreux dépassements avec un rythme bien moins linéaire. Et je vais commencer à perdre du temps. Et comme un problème n'arrive jamais seul les premières crampes arrivent vers 150 km. Damned, presque une heure à tenir. Je suis obligé de limiter la puissance car au delà de 220W, ça commence à coincer, mais je peux continuer à pédaler normalement. Bref, il est temps que ça se termine après 4h48. Incroyable de perdre 8 minutes sur une question de dynamique de course. Encore quelques progrès de ce côté à effectuer. Néanmoins le parc est quasi vide comparé à ce matin. Je dois être pas trop mal à ce moment au scratch.




Je me sens quand même bien desséché car le soleil commence à taper sérieusement. J'ai pas pu retirer mes chaussures de vélo seul à cause des crampes et une bénévole a du venir me sauver la vie. Pourtant en enfilant mes runnings les jambes reviennent. Elles sont même extrêmement légères. Je m'engage sur le marathon avec personne devant, ni derrière, ça fait vraiment bizarre. Et surtout de bonnes sensations. L'euphorie va durer 2,5km lors d'un faux plat, moment où mes ischios me foudroient d'un coup. Avec un quadriceps aussi. Je m'effondre par terre et des gens viennent m'aider à m'étirer et me relever. J'arrive à repartir à trouver une position (bizarre) et doit ralentir l'allure entre 5'00 et 5'15/km. J'arriverai à tenir environ 30km avant de devoir m'arrêter régulièrement pour m'étirer. Le moral lache aussi. Je suis un peu dégouté car la recette du succès n'a toujours pas été trouvée. Je terminerai en marchant à tous les ravitos puis de plus en plus régulièrement. Ca a été en long calvaire de 3h47 comme attendu. Je n'ai même pas pu profiter du dernier kilomètre et de l'arrivée. C'est frustrant car je ne suis pas plus fatigué que ça en franchissant l'arche en 9h53.
Résultat post CAP, contracture au mollet et tendinite à droite... 



A froid, ça reste une course pleine qui fait jaillir quelques motifs de satisfactions, surtout après cette micro prépa sur laquelle je ne misais pas à centime. Et surtout, j'ai enfin validé le vélo sous 4h50, chose que j'attendais depuis 2013. Je repars même avec l'espoir de faire entre 4h40 et 4h45 "proprement" sur un parcours < 1300 D+.
Maintenant pour faire péter le chrono, il faut trouver la clé pour les crampes. J'ai une petite idée à tester durant l'Elbaman fin septembre.

Quelle course que ROTH !